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07 oct

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Hivernage : Des réponses à vos questions

07/10/2015 | Publié par |

Dans le cadre de l’enquête sur le thème de l’hivernage des colonies, le Dr. Gérard Therville a répondu à des questions posées par les apiculteurs :

Comment favoriser la force des colonies avant l’hivernage ?

Si on résume,  il est recommandé d’hiverner les colonies :

  • Avec au moins 17 000 abeilles (les colonies de moins de 5 000 abeilles ont peu de chance de passer l’hiver).
  • Avec 15 à 25 kilos de réserves (un cadre de corps Dadant rempli de miel = 4 kg), la consommation sera plus importante au redémarrage de printemps qu’en hiver. On les répartira utilement sur six à huit cadres, en partitionnant la ruche.
  • Avec un à deux cadres de pollen. Il doit toujours y avoir un apport constant de pollen, c’est le pain d’abeille (« ensilage » de quelques semaines) qui a la meilleure valeur nutritive pour l’abeille, les pollens stockés en fin d’été permettront à la colonie de redémarrer au printemps suivant en attendant les nouveaux apports.
  • Concernant les pollens, la question est souvent posée pour des complémentations protéiques qui pourraient suppléer à des carences en apport naturel (météo défavorable ou environnement appauvri) à des moments critiques pour la colonie, dont la préparation des abeilles d’hiver. Ces substituts sont difficiles à élaborer, notamment au niveau de l’appétence et de la digestibilité (rapport protéines / glucides en particulier).
  • Un traitement Varroa approprié est réalisé dès la levée des hausses en fin de saison : on estime qu’il ne devrait pas tomber plus d’un Varroa tous les deux jours en hiver (mortalité naturelle), sinon un traitement de rattrapage sera nécessaire.

Pendant l’hivernage, les planchers doivent-ils être laissés ouverts ?

Pour faire suite à la synthèse, on conseillera de les laisser ouverts jusqu’à la reprise de la ponte (variable selon la région), puis on les refermera pour limiter les risques de refroidissement du couvain. Dès que le nombre d’abeilles sera suffisant, on pourra les ouvrir de nouveau. On se base sur l’idée qu’une grappe hivernale de 17 000 abeilles consomme moins d’énergie à 2 °C qu’à 15 °C. Cette pratique peut avoir des exceptions, de nombreuses ruches ont d’ailleurs encore des planchers fermés. Par exemple si l’emplacement est exposé à des bourrasques de vent (déconseillé), si les baisses de températures ou les écarts jour/nuit sont très importants. Se référer aux connaissances et aux pratiques locales quand on prépare son hivernage : abeilles, climat, environnement, matériel…

Le but restera toujours d’assurer une stabilité à la grappe, si celle-ci est dérangée, elle devra consommer plus de réserves pour compenser les pertes énergétiques occasionnées.

Est-ce que la race d’abeilles joue sur les quantités de nourrissement à fournir pour préparer l’hivernage ?

On sait que le cycle biologique de la colonie est corrélé à son environnement immédiat et qu’il résulte d’une adaptation des abeilles à l’évolution de ce même milieu. Il apparait donc logique qu’une abeille de « montagne » subissant près de huit mois d’hivernage s’y prépare différemment qu’une abeille de « plaine ».

La noire du Pays, rustique par excellence, adaptée au climat humide et aux hivers froids est réputée économe avec un démarrage printanier plus lent. La Carnica, sobre également, hiverne en petites colonies avec développement printanier plus rapide. La Buckfast a une consommation hivernale réputée plus importante, liée à ses quantités de couvain,  ses populations plus fortes et son redémarrage printanier très rapide.

On notera que les sélectionneurs attachent beaucoup d’importance à la consommation hivernale dans leurs critères de choix de souches. Soit à préserver cette qualité pour les races locales (Noire, Carnica,…), soit à l’incorporer et la stabiliser dans leur patrimoine pour les hybrides (Buckfast).