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Phil Craft, apiculteur aux Etats-Unis

15/02/2014 | Publié par | No Comments

Phil Craft a rejoint l’équipe Véto-pharma en 2013. Spécialiste apicole gouvernemental aux Etats-Unis à la retraite depuis 2 ans, il met à profit son expertise aujourd’hui en participant à des conférences, à des formations dans plusieurs Etats. Il participe également à la rubrique « questions/réponses » de « Bee Culture », un des principaux magazines apicoles aux USA. Nous lui avons posé à notre tour, quelques questions…

Profession : Apiculteur et conseiller technique apicole pour Véto-pharma
Nombre de ruches : Une vingtaine
Lieu : Kentucky – USA

D’où vient votre passion pour l’apiculture ? J’ai grandi dans les montagnes des Appalaches de l’Est du Kentucky où l’apiculture est de longue tradition. Mes grands-pères possédaient des ruches. Il y a une vingtaine d’année, nous avons acheté avec ma femme une maison dans cette région. Y mettre des ruches a été une évidence. De passe-temps, l’apiculture est devenue une passion et ensuite une profession.

Quels types de ruches utilisez-vous ? Langstroth avec 2 corps (environ 22,5 cm de hauteur) pour l’essaim et ensuite les hausses (14,6 cm de hauteur). C’est la configuration la plus courante aux USA : pratique et plus légère à transporter quand les hausses sont pleines – maximum 25 kg.

Quelle race d’abeilles avez-vous ? J’ai une préférence pour la carniolienne (Apis mellifera carnica) pour des raisons de bonne capacité d’hivernage et de récolte rapide au printemps, mais mon cheptel contient également d’autres races de reines bonnes productrices. Par manque de temps, je n’élève pas mes propres reines.

Quels types de miel récoltez vous ? La région est couverte par une flore sauvage d’une grande richesse ; je récolte principalement un miel multifloral de fleurs sauvages et plantes fourragères, et depuis de nombreuses années je récolte également du miel d’acacia présent en abondance tout près de la maison. Il m’arrive de placer quelques ruches dans les fermes voisines.

Combien de récoltes faites-vous par année ? Deux. La première période de floraison étant d’avril à début juillet, une en mai, si la saison n’est pas trop pluvieuse, une autre en juillet.

Il y a donc une deuxième période de floraison ? Oui, de septembre à octobre mais elle va servir aux abeilles à stocker la nourriture pour passer l’hiver. Cependant depuis quelques années, le manque de précipitations oblige à donner du sirop en automne aux colonies.

Quelle est votre méthode pour avoir des colonies en bonne santé ? Tout d’abord, une surveillance attentive des stocks de nourritures, des maladies et des parasites dont le Varroa, surtout au printemps et à l’automne. Le contrôle du Varroa joue un rôle clé dans la perte des colonies.

Ensuite, aider la ruche nutritionnellement en période de disette est un facteur essentiel de soutien. Bien que les scientifiques n’aient pas encore compris totalement le problème de pertes de colonies, au cours des 10 dernières années, grâce à cette méthode, j’ai environ
15 % de pertes contre 35 % de moyenne aux USA. J’ai aussi l’avantage d’être dans une région où les champs sont utilisés pour l’élevage bovin donc avec une utilisation minime des pesticides et je suis entouré de grandes zones de forêts et des champs en friche.

Avec quel produit nourrissez-vous vos abeilles ? De la pâte protéinée occasionnellement, et du sirop en automne si la saison est trop sèche.

Que pensez-vous de l’avenir de l’apiculture dans votre pays ? C’est un challenge de la maintenir dans cette ère moderne, où depuis l’arrivée chez nous du Varroa il y a 25 ans, l’apiculture est devenue compliquée, fastidieuse et coûteuse. Entre les problèmes de génétique des reines, de nutrition, de maladie, de pesticides et de catastrophes naturelles, les petits apiculteurs comme moi pourraient se décourager. Pourtant l’intérêt pour l’apiculture est en pleine progression, notamment chez les jeunes. Des associations se sont créées dans les différents Etats pour soutenir les apiculteurs et leur apporter une formation de qualité sur les bonnes pratiques apicoles et la gestion d’un rucher. Ainsi je pense que ces éléments peuvent être un facteur de réussite pour un apiculteur pluriactif.

Néanmoins, l’avenir de la filière professionnelle de pollinisation va être plus incertaine, face aux mêmes problèmes rencontrés s’ajoute «le syndrome d’effondrement des colonies» le CCD (Colony Collapse Disorder). Les grandes migrations de ruches à travers les Etats pour la pollinisation provoquent du stress, une carence en nourriture, l’empoisonnement aux pesticides. Bien qu’ils produisent du miel et qu’ils arrivent pour l’instant à satisfaire la demande, les charges financières des apiculteurs sont de plus en plus élevées, avec en moyenne 50 % de pertes de colonies.

Je reste optimiste quant à la poursuite des recherches pour trouver des solutions et améliorer la santé des abeilles. Véto-pharma fait partie de ce processus et je suis fier d’y apporter ma contribution.

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