Image Image Image Image Image Image Image Image Image

07 août

Publié par

Rencontre avec Afif Abi Chedid, apiculteur au Liban

07/08/2014 | Publié par |

A partir de 1990, Afif Abi Cheid s’est d’abord formé et professionnalisé au Liban puis en Croatie (ex-Yougoslavie), où pendant 4 années il participa à plusieurs stages et formations. Il prit ensuite la décision de revenir au Liban pour exercer le métier d’apiculteur. Après plusieurs années de travail et de pratique, son expérience apicole l’a amené à être reconnu comme l’apiculteur le plus professionnel du Liban, mais aussi le plus grand avec un cheptel de 2200 ruches. Sa société emploie aujourd’hui 6 personnes pendant toute l’année.

Profession : Apiculteur professionnel
Nombre de ruches : 2200
Lieu : Liban

D’où vient votre passion pour l’apiculture ?

Natif de Byblos, j’ai débuté l’apiculture dès mon plus jeune âge. C’était le passe-temps favoris de mon père et nous avions plusieurs ruches dans le jardin à l’arrière de la maison.

Quels types de ruches utilisez-vous ?

Des Langstroths, c’est le type de ruches utilisées au Liban.

Quelle race d’abeilles avez-vous ?

Nous avions par le passé de bons lieux de récolte. Malheureusement notre pays n’est pas très grand et les espaces de butinage s’amenuisent sous la pression de l’urbanisme et de l’agriculture intensive. J’ai donc décidé de travailler avec une abeille hybride entre Ligustica / Cyriaca. En plus d’être une excellente productrice de miel (30 kg de production annuelle en moyenne), l’élevage et le croisement des reines me donnent des résultats très satisfaisants.

Quels types de miel récoltez vous ?

Je produis quatre variétés de miel :
– Fleur de citron,
– Trèfle,
– Forêt noire,
– Miel des fleurs de montagne sauvages.

Combien de récoltes faites-vous par année ?

Comme je pratique la transhumance, j’ai quatre récoltes à l’année en fonction des floraisons. Je transhume sur les montagnes l’été pour des questions de climat, car il fait très chaud en basse altitude.

Quelles sont vos pratiques de nourrissement ?

Je nourris juste avant l’hiver et au printemps avec du sirop. Je privilégie un nourrissement de printemps intensif par l’apport de petites quantités très régulières. La grande différence entre le Liban et l’Europe est que nous avons du pollen pendant 11 mois. Cependant, les ressources polliniques sont inexistantes durant la période du 10 novembre au 10 décembre.

Quelles sont vos actions contre les maladies ?

Je traite contre Varroa vers la mi-décembre et ensuite en fin d’été. Malheureusement mes colonies souffrent d’une autre menace à laquelle elles doivent faire face, non pas Nosema apis car nous avons de courts hivers, mais bien Nosema ceranae et actuellement je n’utilise aucun moyen de traitement contre ce champignon parasite.

Avez-vous beaucoup de pertes de colonies ?

Je suis en moyenne entre 20 et 25 % ce qui correspond à la moyenne libanaise.

Etes-vous satisfait de votre activité de production apicole ?

Nos coûts de production sont relativement élevés mais nous avons la chance de pouvoir produire des miels spécifiques de grande qualité qui sont bien reconnus dans notre région et vendus correctement.

Quelques informations générales sur l’apiculture au Liban :

1500 apiculteurs – 300 000 ruches – 150 professionnels – 1350 amateurs – Production de 15 à 20 kg / ruche annuelle – Prix moyen d’1 kg de miel entre 12 $ et 15 $.